2026 : la fin de l’innocence en matière de données, de sécurité et d’IA

L’année 2025 aura marqué un tournant. Aux États-Unis, les autorités de protection de la vie privée ont multiplié les actions coercitives, avec des jugements et règlements atteignant parfois des montants à huit ou neuf chiffres. Publicité ciblée, outils d’analytique, messagerie texte, technologies de suivi, collecte de données sensibles : des pratiques longtemps banalisées se retrouvent désormais au cœur de litiges majeurs.

Dans un article publié en janvier 2026 sur la plateforme Mondaq, le cabinet Taft Stettinius & Hollister dresse un constat sans ambiguïté : la tendance ne ralentira pas. Et 2026 s’annonce comme une année charnière pour toutes les organisations qui traitent des données personnelles ou utilisent des systèmes d’intelligence artificielle.

Ce qui frappe d’abord, c’est la banalité des activités désormais à risque. L’utilisation d’outils d’analytique web, de publicités ciblées, de chatbots, de vidéos intégrées ou de services tiers peut suffire à déclencher une enquête ou une action en justice. Autrement dit, il n’est plus nécessaire d’être une multinationale technologique pour être exposé. Toute organisation dotée d’un site web, d’une base de données ou d’un outil numérique est concernée.

Les droits d’opposition, longtemps traités comme un irritant technique, deviennent un point de fixation majeur des régulateurs. L’obligation de respecter des signaux globaux de refus, comme le Global Privacy Control, ou d’assurer le bon fonctionnement des gestionnaires de cookies, n’est plus théorique. Avec plus de vingt lois étatiques complètes sur la protection des données désormais en vigueur aux États-Unis, l’empilement réglementaire complexifie considérablement la conformité.

L’intelligence artificielle ajoute une couche supplémentaire de responsabilité. Les organisations qui utilisent des systèmes automatisés pour le recrutement, l’évaluation, la prise de décision ou la prestation de services essentiels s’exposent à des exigences accrues : avis aux personnes concernées, évaluations des biais, politiques internes, mécanismes de gouvernance et documentation des décisions. L’IA n’est plus perçue comme un simple outil d’optimisation, mais comme un dispositif à risque, surtout lorsqu’elle influence des trajectoires humaines.

Les contrats deviennent également un terrain stratégique. Les relations avec les fournisseurs, les sous-traitants et les partenaires doivent désormais intégrer des clauses de protection des données précises et actualisées. La question n’est plus seulement de se conformer, mais de savoir où se situe le risque et qui l’assume en cas de défaillance.

À cela s’ajoute l’obligation croissante de produire des analyses formelles : évaluations d’impact sur la vie privée, analyses de risques, audits de cybersécurité. Ces exercices ne sont plus réservés aux secteurs hautement réglementés. La simple collecte de données sensibles, le profilage, l’automatisation ou le traitement de volumes importants de données suffisent à les rendre obligatoires dans plusieurs juridictions.

La protection des données des enfants illustre bien ce durcissement. Longtemps associée uniquement à la loi fédérale COPPA, elle fait désormais l’objet de législations spécifiques dans de nombreux États, avec un accent particulier sur les environnements numériques et les médias sociaux. Les organisations doivent revoir leurs pratiques, souvent en profondeur.

Enfin, la question des transferts internationaux de données reste un angle mort pour plusieurs entreprises en croissance. Filiales, partenaires, infrastructures cloud : sans mécanisme clair et documenté, les risques juridiques augmentent rapidement.

Derrière cette accumulation d’obligations se dessine un message clair : la conformité n’est plus un projet ponctuel, mais un processus continu. Gouvernance, responsabilité, reddition de comptes et mise à jour régulière des pratiques deviennent des piliers incontournables. L’époque où la protection de la vie privée et l’IA relevaient de décisions techniques ou marketing est révolue.

En 2026, les organisations sont appelées à changer de posture. Ne plus réagir dans l’urgence, mais anticiper. Ne plus traiter la conformité comme une contrainte, mais comme une composante stratégique de leur crédibilité et de leur durabilité. L’IA, la sécurité et la protection des données ne sont plus des sujets périphériques. Ils sont désormais au cœur de la confiance.

Source : https://www.mondaq.com/unitedstates/privacy-protection/1731194/your-2026-privacy-security-and-artificial-intelligence-checklist

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